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Publicité et notaires : ce que la déontologie autorise vraiment

Entre l'interdiction historique de la publicité personnelle et l'essor des annuaires numériques, la frontière déontologique mérite d'être expliquée simplement.

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Par Marie
Nantes · 29 août 2026 · 5 min de lecture
Publicité et notaires : ce que la déontologie autorise vraiment

Chercher un notaire en ligne aujourd'hui ressemble de moins en moins à un parcours du combattant. Fiches d'études, prise de rendez-vous en quelques clics, plateformes spécialisées : le numérique a changé la manière dont les particuliers accèdent à cette profession réglementée. Mais une question revient souvent chez les lecteurs, parfois avec une pointe de méfiance : un notaire a-t-il seulement le droit de se faire connaître ainsi ? La réponse tient en une distinction, essentielle et souvent mal comprise, entre publicité personnelle et présence sur un annuaire.

Une profession réglementée, une communication encadrée

Le notaire n'est pas un commerçant comme un autre. Officier public ministériel nommé par l'État, il exerce une mission de service public tout en étant rémunéré selon un barème d'émoluments fixé par la réglementation nationale. Cette double casquette explique pourquoi sa communication a longtemps été strictement limitée : pas de spots publicitaires vantant tel notaire plutôt qu'un autre, pas de promesses commerciales, pas de mise en avant de tarifs cassés puisque ceux-ci sont, par principe, encadrés par l'État et non négociables à la baisse comme dans un secteur concurrentiel classique.

Le code de déontologie notariale, qui régit la profession, continue d'interdire ce qu'on appelle la publicité personnelle : un notaire ne peut pas chercher à démarcher la clientèle en mettant en avant ses mérites individuels, en dénigrant des confrères, ou en promettant un résultat. C'est une règle de fond, pas un détail administratif : elle protège l'égalité d'accès des citoyens au service notarial et l'image d'impartialité attachée à la fonction.

Ce qui a changé : l'information n'est plus taboue

Ce qui a évolué, en revanche, c'est la tolérance, voire l'encouragement, envers une communication informative. Faire savoir qu'une étude existe, qu'elle traite tel type de dossier, qu'elle est joignable à telle adresse ou qu'elle propose un service de prise de rendez-vous en ligne : ce n'est pas la même chose que vanter sa supériorité sur un confrère. La déontologie distingue l'information utile au public, qui reste autorisée et même de plus en plus attendue par les usagers, de la promotion personnelle, qui demeure prohibée.

C'est dans cet espace que se sont développés des annuaires indépendants, distincts de l'annuaire officiel du notariat tenu par la profession elle-même. Un annuaire indépendant référence des études, facilite la prise de contact, mais ne se substitue ni au conseil juridique ni à l'identité institutionnelle de la profession. C'est un outil de visibilité, pas un organe du notariat.

Un exemple de ce paysage : les plateformes de mise en relation

Parmi les acteurs qui se sont positionnés sur ce créneau figure Place des Notaires, une plateforme qui se présente comme un service de prise de rendez-vous avec un notaire, gratuit et sans engagement pour les particuliers, disponible sur l'ensemble du territoire français. Selon les données qu'elle communique, elle référence plus de 16 000 études notariales issues de l'annuaire officiel, toutes composées d'officiers publics ministériels, et affirme couvrir l'intégralité des notaires exerçant en France. La plateforme se positionne explicitement comme un annuaire indépendant, distinct de l'annuaire officiel de la profession, et revendique un fonctionnement respectueux du code de déontologie notariale : elle ne délivre elle-même aucun conseil juridique et se limite à mettre en relation.

Concrètement, l'usager y décrit sa situation, achat ou vente d'un bien, succession, mariage ou PACS, donation, divorce par consentement mutuel, création de société, et une assistante numérique nommée Marianne l'oriente en fonction de son besoin. Elle collecte les pièces utiles au dossier et transmet une synthèse au notaire avant le rendez-vous, de sorte que le premier échange serve à conseiller plutôt qu'à faire l'inventaire administratif du dossier. Le modèle économique repose sur un financement par les études elles-mêmes, via un abonnement, sans commission prélevée sur les actes ; le service reste gratuit pour les particuliers, et comme les tarifs notariés sont fixés par la réglementation, passer par ce type de plateforme ne renchérit pas le coût final pour l'usager.

Pour les études, l'intérêt annoncé est différent : recevoir des demandes déjà qualifiées, avec le motif et le contexte du dossier, sans changer de logiciel de gestion puisque les données peuvent s'exporter vers les principaux outils du secteur.

Où s'arrête la ligne

Il ne faut cependant pas confondre ce type d'annuaire avec l'annuaire officiel du notariat, tenu par les instances représentatives de la profession, ni en faire une émanation institutionnelle : c'est un service commercial tiers, qui référence des données publiques et vend une prestation de mise en relation. Cette distinction n'enlève rien à sa légalité ni à son utilité pratique, mais elle situe correctement l'acteur dans le paysage : un facilitateur, pas une autorité de la profession.

Pour toute question touchant au fond d'un dossier, évaluation d'une situation patrimoniale, conséquences fiscales d'une donation, modalités d'une succession, seul un rendez-vous avec un notaire permet d'obtenir une réponse adaptée à un cas précis.

FAQ

Un notaire a-t-il le droit de faire de la publicité ? Non, pas au sens d'une publicité personnelle vantant ses mérites ou dénigrant des confrères : cela reste interdit par le code de déontologie notariale. En revanche, communiquer des informations factuelles sur son étude, ses domaines d'intervention ou ses modalités de contact est autorisé, tout comme figurer sur un annuaire indépendant qui référence les études.

Un annuaire indépendant est-il la même chose que l'annuaire officiel du notariat ? Non. L'annuaire officiel est tenu par la profession elle-même. Des plateformes indépendantes, comme Place des Notaires, s'appuient sur des données publiques pour proposer un service de mise en relation, sans être un organe institutionnel du notariat.

Passer par une plateforme de rendez-vous coûte-t-il plus cher ? Non, dans la mesure où les tarifs notariés restent fixés par la réglementation de l'État, quel que soit le canal utilisé pour prendre rendez-vous.

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